La technique de pédalage

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| mai 29, 2026
La technique de pédalage

Faut-il « pédaler en rond » pour être plus efficace ? Ce que dit la science

On l’entend souvent dans les pelotons ou sur les réseaux sociaux : pour bien pédaler, il faudrait « pédaler en rond », tirer sur la pédale lors de la remontée, et répartir l’effort sur toute la révolution du pédalier. C’est un conseil séduisant, mais est-il vraiment fondé scientifiquement ?

Une étude publiée en 2007 dans la revue Medicine & Science in Sports & Exercise s’est penchée précisément sur cette question.


Comment s’est déroulée l’étude ?

Huit cyclistes compétiteurs ont pédalé sur un home-trainer à puissance et cadence fixes (200 W, 90 rpm), en utilisant quatre techniques différentes :

  • Leur technique naturelle (pédalage spontané)
  • « Pédaler en rond » en cherchant à lisser l’effort sur toute la révolution
  • En tirant activement sur la pédale lors de la phase de remontée (upstroke)
  • En poussant fort lors de la phase de descente (downstroke)

Les chercheurs ont mesuré deux choses : l’efficacité mécanique (quelle proportion de la force produite est réellement utile pour faire avancer le vélo) et l’efficience énergétique (combien d’énergie le corps dépense pour produire cette puissance).


Les résultats

La technique qui obtenait le meilleur score d’efficacité mécanique était tirer sur la pédale. En activant les muscles fléchisseurs lors de la remontée, les cyclistes transmettaient effectivement une force plus équilibrée sur l’ensemble du cycle.

Mais voilà le paradoxe : c’est aussi la technique qui consommait le plus d’énergie. Autrement dit, les cyclistes étaient mécaniquement plus « propres », mais métaboliquement moins efficaces.

À l’inverse, les trois autres techniques pédalage naturel, « en rond », et en poussant ne montraient pas de différence significative entre elles, ni en termes d’efficacité mécanique, ni en termes de consommation énergétique.


Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?

Cette étude remet en question une idée reçue très répandue dans le monde du cyclisme : une belle technique sur le papier n’est pas forcément synonyme d’économie d’énergie.

Voici les enseignements clés à retenir :

  • Tirer sur la pédale activement sollicite davantage les muscles fléchisseurs, qui semblent être des producteurs de puissance moins efficaces que les muscles extenseurs (quadriceps, fessiers). Le corps « dépense » plus pour un gain finalement limité.
  • Le pédalage naturel, celui adopté spontanément après des années de pratique, est souvent déjà très efficace. Le corps s’adapte et optimise lui-même la coordination musculaire avec l’entraînement.
  • « Pédaler en rond » ne nuit pas, mais n’apporte pas non plus de bénéfice mesurable sur le plan énergétique par rapport à un pédalage spontané.

Source : Korff T., Romer L.M., Mayhew I., Martin J.C. — « Effect of Pedaling Technique on Mechanical Effectiveness and Efficiency in Cyclists », Medicine & Science in Sports & Exercise, 2007.